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 Retrouvailles- saucissons-duduche enchantée

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Eamon de Trévière

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MessageSujet: Re: Retrouvailles- saucissons-duduche enchantée   Jeu 7 Mar 2013 - 20:08

J'avais grandi "le cul entre deux chaises" selon l'expression consacrée - position incofortéble s'il en est - partagé entre deux pères, déchiré entre deux cultures, deux origines.
Mais aussi morcelé par de multiples facettes de ma propre personnalité. Ecartelé par un tempérament tantôt aimable, docile, empreint de la volonté de bien faire, forgé de droiture et de noblesse, tantôt rebelle et indépendant, instinctif, impulsif même.
J'avais du mal avec l'autorité et la discipline et ce qui m'apparaissait souvent comme de l'injustice.
Ma conscience encore pure me poussait souvent à la révolte, la rébellion.
Il est vrai que je n'avais de la vie que l'expérience d'un adolescent. Mais est-on encore réellement un enfant lorsqu'on a offert sa vie sur des champs de batailles avec la volonté de servir la Droit - ou supposé tel - l'épée à la main, avec pour seule certitude la peur de ne pas en revenir ?
On dit que le vrai courage, celui qui forge les âmes nobles, est celui qui transforme ses peurs en don de soi. En toute conscience. Celui qui ne connait pas la peur ne connait pas le sens de la vie.

Depuis longtemps, j'avais appris, peu à peu, à juguler mes pulsions, les canaliser afin de les transformer - à grand peine quelques fois - en énergie positive. Attitude qui m'avait permis de sortir grandi de bien des épreuves.
En cela, je ne me considérais pas comme un être unique... tant de jeunes gens, en ces temps troublés, y parvenaient sans doute bien mieux que moi.
Mais, par une sorte de pudeur, j'apportais un soin méticuleux à continuer d'apparaître tel un être un peu infatué et trop sûr de lui, superficiel et rebelle, inconsient et futile, fanfaron et extraverti.
Il n'en était rien cependant, mais je me serais tranché la gorge plutôt que de l'avouer.

Une fois mon annonce de noces à venir terminée, je me rassis en souriant afin de juger de l'effet produit et, ce que je redoutais arriva et ce sourire volontairement béat se figea en une grimace stupide que seuls mes yeux pouvaient trahir. Aussi, les gardai-je mis-clos en évitant soigneusement de poser le regard sur qui que ce soit.

En un instant, je revis le dos voûté de Gil tandis que Maman lui annonçait une nouvelle mission, un nouveau départ, une nouvelle séparation. Je revivais ses angoisses, ses craintes de voir surgir un porteur de nouvelle de Mort.
Je le revoyais lutter contre cette irrépressible envie d'empêcher Maman d'encore et toujours exposer sa vie au service d'une Couronne qui d'année en année se ternissait davantage. Déchiré entre son Amour pour Elle et son abnégation face au Devoir, à l'Honneur.
Je revivais soudain sa solitude, sa résignation, je revoyais ses longs moment où, prostré dans sa chère Eglise, il priait le Très Haut d'épargner son épouse... et je comprenais soudain cette lassitude qui le poussa à se retirer en un monastère perdu au fin fond de la Gascogne.

En cet instant, je savais que j'allais vivre ce même sort. Sans pour autant finir ma vie en reclus, au pont de m'enfermer dans une communauté religieuse. La religion n'était pas une solution pour moi et certainement pas une vocation.

En d'autres circonstances, la joie et l'enthousiasme de Margaut m'eût ravi. Mais là, cette joie m'emplit d'une profonde tristesse, d'une indicible lassitude.
Cependant, avec un talent de comédien qui me permettait souvent de sauver les apparences, je me murai derrière une allégresse que j'espérais authentique et me mis à applaudir d'une manière un peu trop théatrale à mon goût, espérant donner le change et déclarai du ton le plus enjoué qu'il me fut possible :


- Félicitations ma Grenouille... Je suis très fier de toi !

Je me tus, le plus naturellement possible, je n'étais plus le centre d'intérêt et, finalement, ça m'arrangeait bien. Cependant, envahi par un irrésistible besoin d'air et de solitude, je me levai et, avec une gêne un peu feinte et un sourire niais, j'ajoutai :

- Je vous demanderai, mes Soeurs, la permission de me retirer un instant... Certain besoin pressant m'appelle en certain lieu.

Et, en essayant d'adopter une attitude digne et assurée, je sortis de la taverne.
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Baile
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MessageSujet: Re: Retrouvailles- saucissons-duduche enchantée   Sam 9 Mar 2013 - 4:07

Le jeu s'était arrêté, la réalité reprenait ses droits, Azz se rattrapait aux branches de son malaise comme elle pouvait, Eamon n'avait pas donné suite à la menace de Baile de s'occuper intimement de sa dulcinée, et ladite dulcinée n'avait même pas eu conscience de ce à quoi elle venait quand même d'échapper. Et évidemment, dans tout ce spectacle improvisé, la bonne nouvelle ne pouvait être autre chose que celle du mariage entre les deux jeunes tourtereaux.

La Baile, qui s'était rassise un moment, se releva de la même manière, frappant joyeusement la table du plat de sa main.

En voilà une bonne nouvelle ! Enfin bonne.. je n'en sais rien à vrai dire, j'espère que ça le sera pour vous hein? Toujours est-il que ça ne change rien: je serai la marraine de cet enfant, sinon je vais déprimer et vous ne voulez pas avoir ma déprime sur la conscience, n'est-ce pas? Et puis si cet enfant est une fille, elle sera Blanche ! Sinon, je vais doublement déprimer puisque vous ne voulez pas que j'en sois la marraine !

Qui a parlé de manipulation? Mais non, mais non! La Baile se lâchait simplement un peu, décompressant de toute la tension qu'elle accumulait forcément dans les moments plus formels de ses journées et parfois de ses nuits.

Lorsqu'Azzera annonça la fin de l'acte I et le début du II, en exigeant plus qu'en proposant, par une espèce de chantage affectif incongru, à Margaut de postuler à la Commanderie, la Grande Amazone en resta limite bouche bée. Quelques secondes de trop, qui l'empêchèrent de réagir au quart de tour après l'Esquire, et qui permirent à la jeune de Roanne de répondre, par une phrase qui fit se serrer les lèvres de la Baile en un grognement caverneux.

Hmpffff !
Margaut? Il est hors de question que tu postules à la Commanderie pour faire plaisir à ta future belle-mère hein?
Et Azz? Je sais que ça te ferait le plus grand bien d'être entourée de ta famille proche, m'enfin il est hors de question que tu demandes à ta future bru de postuler dans l'Ordre pour ton bonheur hein?


Elle ajouta en toute mauvaise foi théâtrale.

Ce n'est pas comme la fille de Margaut et d'Eamon, qui n'est pas encore née, et à qui je peux dessiner le destin que je veux hein?..

Puis elle se retourna pour fixer Margaut.

Non mais parce qu'un Ordre de chevalerie militaire n'est ni une sinécure ni une maison de retraite familiale! Si tu n'as pas envie, dans tes os, dans ton âme, dans tes tripes - Elle réalisa qu'elle en faisait un peu trop et baissa le ton de sa voix enflammée - de suivre la voie de la chevalerie, d'épouser non seulement Eamon mais aussi les idéaux qui nous animent, si tu n'as pas envie, dans tes os etc, d'accepter non pas les sacrifices, mais les concessions, que va te demander ta vie de couple avec la Commanderie, et même ton ménage à trois, avec Eamon de l'autre côté, si tu n'es pas capable d'accepter une hiérarchie, des décisions, qui peuvent te paraitre arbitraires au début et que tu mettras peut-être une vie à comprendre, alors ne gaspille pas un vélin pour écrire à Pherea. Ya mille autres choses à faire dans la vie, hein?

Elle grogna encore un moment, roula des yeux pour accompagner le tout, vit Eamon s'excuser en se retirant un moment, plissa des yeux, grogna encore un peu, puis reprit, plus doucement.

Par contre…. si tu as envie de tout ce que je viens de dire, si ça ne te rebute pas, si tu sais que tu ne choisis pas cette voie pour de mauvaises raisons, alors je t'en prie, lâche-toi, et fais ta plus belle lettre d'amour à Pherea. Et une autre à moi aussi, tant que t'y es.

Et maintenant que tout est clair, excusez-moi, j'ai la même affaire pressante qu'Eamon à régler…

Elle sortit sur le pas de la taverne, juste à temps pour voir le jeune homme s'éloigner un peu plus, et lui crier:

Eh! Eamon! Quand t'auras fini de pisser, 'fin ou autre chose, peu importe, je t'attends dans mon bureau! T'sais, la table vide, au fond de la taverne à droite!

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Eamon de Trévière

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MessageSujet: Re: Retrouvailles- saucissons-duduche enchantée   Sam 9 Mar 2013 - 19:55

Eh bien, ça... c'était fait aussi !

Je n'irais pas jusqu'à penser que ma Grenouille n'avait pas son libre arbitre, mais il me semblait que Mère lui avait mis un peu trop de pression sur les, encore frêles, épaules.
Il m'eut personnellement été difficile de refuser la "proposition" de ma Mère de la manière dont elle avait été présentée. Encore que, je pense que mon esprit naturellement rebelle se fut dressé d'une manière ou d'une autre contre ce que je percevais comme un "diktat". Certes Margaut avait exprimé, à un moment donné son désir d'entrer chez les Dames Blanches. Mais je savais aussi qu'il fut question de rejoindre les Hospitaliers, ensemble, elle et moi, pour nous rapprocher de Victoire et Tugdual.
Moi-même n'avais-je pas toujours souhaité entrer à la Licorne ?
Mais... où en étais-je aujourd'hui ?
En général, lorsqu'on me la posait, j'éludais soigneusement la question de cet engagement tant mon indécision grandissait à mesure que je prenais de l'âge et de l'expérience. Et si l'on avait pu lire en moi, on aurait vite compris que cette indécision venait du fait qu'un engagement dans un Ordre Royal supposait de nombreuses séparations d'avec ma famille.
J'allais reproduire envers Margaut ce que Mère imposait, par devoir, à mon Père.
Ce qui était un rêve de gosse devenait donc un dilemme, sinon un cauchemar.

La nuit était à présent tombée et je cherchais en vain le réconfort dans la voûte céleste constellée de myriades de scintillements. En général, cette vision me rendait le courage qui me manquait. Mais ce soir, dans la tiédeur d'une nuit qui annonçait le printemps, je me sentais ridiculement impuissant, stupidement insignifiant face à la force du Destin qui semblait soudain se jouer de nos existences et, sans doute à l'instar de Papounet dans de telles circonstances, je me mis à maudire le Très Haut.

J'en étais là de mon désarroi lorsque la voix de ma chère Marraine me parvint avec cet accent de tendre rudesse que j'aimais tant chez elle :


- Eh! Eamon! Quand t'auras fini de pisser, 'fin ou autre chose, peu importe, je t'attends dans mon bureau! T'sais, la table vide, au fond de la taverne à droite!


Le bureau de Baile... je souris malgré moi, quoi que puisse me dire Marraine, je savais que je n'aurais pas soif.
Du ton le plus enjoué possible, je répliquai :


- Fais servir les chopes marraine... j'arrive...

Je restai encore un moment les yeux perdus dans l'infinie noirceur.
Enfant déjà, j'étais fasciné par les figures étranges et fantastiques dessinées par des lignes imaginaires reliant les étoiles entre elles.
Devant mon émerveillement et ma curiosité, Papounet m'avait entraîné à la bibliothèque de Mimizan et m'avait mis entre les mains un livre étonnant qui décrivait ces formes mythiques. Les Grecs, peuple savant s'il en fut et grands observateurs des signes célestes, en avaient fait la nomenclature.
Un nom me revenait souvent : Ptolémée. Astronome Grec vivant en Haute Egypte des années avant notre Ere, avait découvert une constellation dont l'évocation m'emportait dans de longues rêveries fantasques : Le Dragon !
Soudain, ce soir, elle m'apparut comme une évidence, comme un signe... Ne me restait à présent qu'à en interpréter le sens.

Comme à regret, je remis les pieds sur terre et, avec un long soupir, je revins dans la taverne.

Je restai un instant sur le seuil avant de fermer la porte derrière moi, le temps de repérer, à ma droite la silouhette de ma Marraine attablée, le visage tourné vers moi, comme m'attendant.
Je ne la fis pas attendre plus longtemps et m'approchain, le regard rivé au sien.
Je m'assis face à elle, lui souriant avec reconnaissance. Il me semblait en cet instant qu'elle était la seule sur cette Terre à me comprendre, à pouvoir lire en moi.
De tout autre qu'elle cela m'eut agacé, mais j'avais toujours su, allez savoir pourquoi, qu'à travers ses silences, elle m'aimait sincèrement et les Dieux me sont témoins que je lui rendais cet amour quasi maternel sans aucune concession.
Enfin, rompant ce silence tellement bavard, je lui dis d'une voix douce dans laquelle j'essayai de mlasquer mon émotion :

- Me v'la, Marraine... tu voulais me parler ?
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khaliama
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MessageSujet: Re: Retrouvailles- saucissons-duduche enchantée   Dim 10 Mar 2013 - 1:29

De son regard gris bleux parcourant l'assemblée avec un peu de soutien... elle vit des attitudes silencieuses, surprises ou taquines.
La réaction de Baile, le soutien de la GA... et la douceur du corps d'Azz alors qu'elle aurait dû être un poids mort, lui rappelèrent que sa cousine était aguerri aux facéties des enfants... enfin là ce jour ils l'étaient moins certes... et combien cela lui rappelait son tendre fils qu'elle savait mi-ange et mi-démon. Petite lumière clignotante intérieur lui signalant la riposte, elle regarda à nouveaux les jeunes minois sans ciller. Clair qu'ils ne pouvaient avoir honte puisqu'ils fonctionnaient ainsi depuis...erf... leur naissance !
D'ailleurs la réponse ne se fit point attendre...



Citation :
Azz, Azz, mais je plaisantais, Azz mais enfin, comment as tu pu me croire.... Je....
Même Baile n'y a pas cru une seule seconde, mais enfin Azz....Azzera ça suffit maintenant... vous êtes une blanche et vous avez survécu à pleins de missions très dangereuses... vous n'allez quand même pas vous morfondre pour si peu...
Je ne suis pas enceinte voyons et Eamon n'est pas non plus attiré par Grimoald... enfin je crois... du moins je l'espère... Ouais bon, je suis désolée, ce n'étais peut être pas si drôle au final...

Arf, enfin une parole sensée aurait pu-t-elle pensé mais maintenant qu'elle était ancré dans le jeu de mot...un petit rien lui disait qu'il y aurait quand même nouvelle et surtout retour de manivelle aux facéties. Même si ni l'un ni l'


Puis vint la réaction de la matriarche, c'est pas peu dire qu'elle s'était sentie utilisée sur ses sentiments. Mais elle ne pouvait lui en vouloir à la suite du discours, car elle aurait fait de même avec son fils. Petit jeu taquin quand tu nous tiens... l'habitude de répondre par la même ne se perd pas...
Et d'un redressement Azzérien, la situation changea en quelques secondes. La cousine reprit le dessus avec un rire plein et franc sur la situation. Et un fiston annonçant une vrai nouvelle déjà !


Citation :
- Eh bien, Mère, et vous aussi mes Soeurs, puisque votre attention m'est, enfin acquise... Nous avons l'immense joie de vous convier à nos épousailles qui devraient avoir lieu au printemps ! Cette invitation est officielle et ne laisse aucune place à la moindre équivoque quant à l'importance sentimentale pour nous de votre présence à cet évènement.
Nous l'attendons, Margaut et moi, depuis trop longtemps tant sa symbolique représente un tournant vital dans nos existences. Vos présences nous sont donc indispensables. Sans témoins et sans parents directs, en ce qui concerne ma Princesse, en tous cas, ce serait non seulement une joie, mais un immense honneur que vous nous feriez en agrémentant cette cérémonie de vos présences.

Elle répondit simplement d'un remerciement de tête sans pour autant plus prendre la parole parce que sa cousine enchaîna aussitôt. Un sourcil senestre arqué interrogatif... hummm que va être la suite fichtre ?

Citation :
Et bien, je vous félicite mes enfants.
Vous me voyez ravie de ne plus vous savoir seuls, puisque vous serez deux à jamais! Perspicace!
J'ai moi aussi, une chose à vous dire, et je ne ferais pas autant de simagrées que vous deux. Visser son regard sur la Roanne en lui souriant.
Margaut?
Oui, c'est à toi que mes mots sont adressés, il me serait heureux que tu fasses la demande d'intégration chez les blanches.

Et voilà que Phe suivait en déposant un parchemin avec plume et encre, tandis qu'elle même était interpellée. Puis Baile reprenant de plus belle tandis qu'elle peut voir un Eamon s'éclipser avec délicatesse et inquiétude.
Là, il faut avouer que la cousine s'interroge tout de même... la blanche aussi...
Elle posa un regard circulant vers les personnes autour d'elle après le départ de Baile et Eamon... puis reposant son regard sur sa cousine et Margaut...


Vous êtes certaines de vouloir en arriver là ? quelques soient les motivations personnelles de chacune ?

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Baile
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MessageSujet: Re: Retrouvailles- saucissons-duduche enchantée   Mer 13 Mar 2013 - 18:52

Bon, Eamon avait tout compris, elle voulait discuter avec lui, et il s'y pliait visiblement de bonne grâce. Elle rentra donc, le laissant à sa courte et nécessaire solitude, commanda deux grosses chopes de bières et s'avachit quelques instants sur son siège, le regard navigant un peu dans la salle, se posant un moment sur Margaut.

La Baile ne la connaissait pas vraiment à vrai dire… Autant elle avait connu Eamon jeune et l'avait vu se développer, même de loin parfois, avait vu son caractère s'affirmer, autant Margaut restait pour elle une inconnue totale, bien que dans la vie de son filleule depuis un moment. Ferait-elle une bonne Blanche? En avait-elle réellement envie? La deuxième question était la seule importante pour la nouvelle Grande Amazone. Bien avant qu'elle n'accédât à cette charge, son combat principal avait été d'être sure que toutes celles qui mettaient un pied à la Commanderie le faisaient pour les bonnes raisons, et comprenaient parfaitement les tenants et aboutissants d'un tel engagement.

Elle n'en voulait aucunement à Azz, dont elle connaissait totalement et l'absolue abnégation concernant la Commanderie et son inaltérable instinct maternel, enfoui sous une armure que la Baile avait un jour définitivement apprivoisée. Mais il était de son devoir de faire comprendre à l'Esquire ainsi qu'à tous les présents, qu'on ne s'engageait pas sur le chemin de la chevalerie pour faire plaisir à quelqu'un, quelle que fût son importance…

Elle pensait savoir de quoi elle parlait, elle qui avait pendant des mois adhéré aveuglément à tout ce que disait et faisait Zya, malgré les défauts de la défunte chevalier qu'elle connaissait parfaitement. Elle lui avait voué une fidélité et une loyauté sans failles, au point d'encaisser insultes et quolibets qui avaient fini de blinder sa propre armure. Cependant, au milieu de ce fouillis émotionnel, elle avait rapidement trouvé sa voie, la sienne, celle de personne d'autre. Et elle l'avait suivie jusqu'à aujourd'hui, devenant progressivement ce roc quasi inhumain sur lequel avait reposé la Commanderie un long moment, sur lequel pouvait se déverser la colère des autres sans que rien n'ébranlât les fondations de cet Ordre qu'elle voulait voir devenir éternel. Et si un jour elle avait la certitude qu'elle pourrait mourir en paix et que la Commanderie perdurerait solidement, alors elle n'aurait pas vécu pour rien. Mais ça passait par un engagement clair et réfléchi de toutes les nouvelles recrues…

Elle en était là de ses réflexions abyssales lorsqu'elle eut conscience de la présence d'Eamon. Elle dut néanmoins faire un effort pour que son regard cessât d'être vague, et lorsque l'image du jeune homme fut tout à fait claire, elle lui sourit.

Eh! Je t'ai tellement attendu que ta bière s'est réchauffée et que j'ai bien cru m'endormir…

Ou comment dédramatiser de suite une éventuelle percée sensible.
Elle se redressa sur son siège, prit la chope, en but diplomatiquement une gorgée et lâcha.

En effet, je voulais te parler. Du moins avec ton accord… Pas du tout de l'espèce de boutade que vous nous avez sortie, Margaut et toi, il y a peu. Mais plutôt de ce visage un peu fermé, de ce départ un peu incongru, qui ont été les tiens après que Margaut a accepté la proposition de ta mère, et que je ne sais comment interpréter…

Bien sûr que si, elle savait, la menteuse! Mais elle ne voulait pas proposer quelques explications à son filleul, qui lui auraient mâché le travail et offert une solution de facilité en matière d'analyse.

Qu'est-ce qui ronge donc ton âme, Eamon, dis?

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MessageSujet: Re: Retrouvailles- saucissons-duduche enchantée   Mer 13 Mar 2013 - 21:21

Voilà pourquoi j'aimais cette femme !

Jamais elle ne laissait tomber le masque, mais elle trouvait toujours les mots justes pour qui savait les entendre.
Nous ne devions pas être nombreux dans ce cas, mais je ressentais une immense fierté d'oser croire que j'étais de ceux là.

Nous avions certes des caractères en apparence opposés, mais pas tellement, à y regarder de plus près. Et je me surpris soudain à imaginer ma Marraine à mon âge. J'eus la sensation furtive que la jeune Baile devait me ressembler beaucoup. Etait-ce parce que mon tempérament lui rappelait le sien qu'elle m'aimait ?
Car le doute pour moi n'était plus permis : Baile devait être une de ces fées guerrières qui se penchent quelquefois sur le berceau des nouveaux-nés irlandais !
Amour, Protection et Bravoure, Baile avait toujours symbolisé pour moi l'antique Birgit, protectrice de l'Irlande, Déesse Mère, régnant sur les arts, la guerre, la magie et la médecine, patronne des Druides, des Bardes, des Vates et des Forgerons.
Inconsciemment, sans doute, j'avais subi son influence bénéfique. Et si, par le passé, je pouvais passer pour un jeune poney écervelé et fougueux, aujourd'hui après plusieurs campagnes passées sous ses ordres, j'avais acquis une certaine sagesse, je savais que c'était à elle que je le devais.

- Eh! Je t'ai tellement attendu que ta bière s'est réchauffée et que j'ai bien cru m'endormir…

Mon regard croisa le sien lorsqu'elle s'adressa à moi de manière un peu goguenarde, presque désinvolte et je sus que derrière cette phrase anodine se dissimulait assez mal une affection intense. Elle n'avait pas été dupe de ce prétexte futile destiné à préserver en moi une once de digne contenance.
A mon tour, je m'emparai de ma chopine et, pour me laisser le temps de peser les mots que j'allais avoir à prononcer, avalai une longue rasade du breuvage tiède, la laissant poursuivre sans toutefois la quitter des yeux.


- En effet, je voulais te parler. Du moins avec ton accord… Pas du tout de l'espèce de boutade que vous nous avez sortie, Margaut et toi, il y a peu. Mais plutôt de ce visage un peu fermé, de ce départ un peu incongru, qui ont été les tiens après que Margaut a accepté la proposition de ta mère, et que je ne sais comment interpréter…

Je ne m'étais pas trompé, Baile lisait en moi comme en un livre ouvert. Je ne cherchai pas à me dérober à cet examen. Baile était la seule à qui me livrer ne me posait aucun problème car je savais que jamais elle ne m'aurait jugé ni condamné. Car, à moins que je ne commette une faute réelle, elle avait toujours posé sur moi un regard plein de compréhension, voire de respect, ce qui me la rendait encore plus chère.

Nous avions en tous cas une chose en commun : la noirceur du regard ! Sombres prunelles étroitement liées en cet instant un peu particulier où je me sentais un peu comme au confessionnal. Et en effet :

- Qu'est-ce qui ronge donc ton âme, Eamon, dis?

Je reposai doucement ma chope, me détachant des prunelles de Marraine et laissai errer mon regard autour de nous sans vraiment voir ce qui nous entourait.
Je pris enfin une profonde inspiration et, m'abandonnant avec confiance à la sagacité de Baile, je parlai d'une voix basse, mais claire, essayant d'être concis, sans emphase... naturel, en somme :


- Vois-tu Marraine, Margaut et moi avons traversé tellement d'épreuves. Nous protégeant mutuellement, nous consolant de nos peines et riant ensemble de nos joies depuis plus de dix années que l'idée de cet engagement... et de ce qu'il implique, m'effraie un peu.
Je ne nie pas la noblesse de cet engagement, au contraire. Maman m'a toujours donné l'exemple de la droiture, du devoir et du courage en ce sens ; c'est même cela, et le hasard aussi sans doute, qui m'a toujours poussé à vouloir entrer à la Licorne.
Mais, j'étais jeune, fougueux et ambitieux. Très égoïste aussi. J'éludais involontairement les sacrifices qu'une telle vocation impliquait pour les autres... Ceux qui restent et qui, avec angoisse, prient pour que les êtres chers reviennent indemnes du combat.


Une pause, puis :

- Il me revient l'image poignante de Papounet, prostré dans son église, maudissant parfois le Très Haut de l'absence de son épouse... Jamais il ne se plaignait, jamais il ne lui en voulut car il savait que c'était là son devoir. Mais je savais qu'au fond de lui, tout était souffrance. Je fus alors, sans doute, son unique consolation.[/b]

Mon regard se fit plus intense :

[b]- Puis, un jour, alors que nous revenions d'un énième assaut sur Saumur, blessé, au milieu de compagnons d'armes tombés pour LA cause, j'eus une vision : celle du corps mutilé de Margaut, puis celle de Margaut effondrée, en pleurs à mon chevet, pansant mes plaies et priant pour que je vive !
De ce jour, je décidai d'abandonner l'idée de devenir Chevalier !
Cela ne nous empêcha pas d'aller prêter main forte aux Hospitaliers lors de la Fronde. Mais je savais que c'était la dernière fois que je prenais les armes pour combattre. Même si l'idée de rejoindre cet Ordre ensemble nous effleura.
J'en suis un peu honteux, mais depuis cette époque, j'éludai la question, distrayant Margaut de cette idée en voyageant et en recadrant nos pensées sur ce mariage qui nous est si cher.
J'envisage même d'entrer en diplomatie afin d'apporter ma maigre contribution en oeuvrant pour la Paix.


Je baissai la tête un instant, puis posai un regard franc sur ma Marraine :

- Je sais Baile, j'ai été égoïste... car, que je prenne la décision de devenir Licorneux ou d'empêcher Margaut de devenir Dame Blanche, c'est mon coeur qui parle, égoïstement. Papounet a souffert de cette violente déchirure de la séparation, Maman a souffert lorsqu'elle a cru avoir perdu mon Père, Aengus O'Sullivan... et lui-même a souffert, ô combien... tu as pu le constater puisque tu as vu ce qu'il est devenu ! Sans compter la souffrance que j'ai cotoyé tout au long de ces campagnes.
Et moi, au milieu de toute cette souffrance, je me sens comme un fétu balayé par une tornade et... pour ne rien te cacher, je ne sais plus où j'en suis... La peur de perdre Margaut obscurcit mon jugement.
Je ne peux aller contre sa volonté de s'engager. Je n'en ai pas le droit. Je suis déchiré entre fierté, impuissance et douleur.


Un court silence puis :

- Voilà ce qui ronge mon âme, comme tu dis, Marraine.
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MessageSujet: Re: Retrouvailles- saucissons-duduche enchantée   Jeu 21 Mar 2013 - 22:36

Accoudée sur la table, les mains jointes par le bout des doigts calés contre sa bouche, elle l'écoutait attentivement, sans l'interrompre une seule fois malgré quelques réactions spontanées que son esprit réprima assez facilement. Eamon s'épanchait, et la Baile y voyait l'humanité entière dans ces doutes et ces angoisses. Elle comprenait parfaitement, au récit qu'il lui narrait, les raisons pour lesquelles il n'avait su ou voulu trouver sa place dans un Ordre de chevalerie ou tout autre organisation de ce genre.

Eamon avait une sensibilité très développée et vivait les choses plus pleinement que tous les hommes que la Baile connaissait. Certes, il n'était pas si âgé que cela, après tout. Pourtant il avait déjà vécu des expériences qui faisaient plus que forger le caractère. Et au lieu de l'endurcir, comme il en a été avec la Blanche elle-même, il les vivait encore plus intensément. Ces pensées laissaient la nouvelle Grande Amazone bien songeuse.

Elle se demandait d'où venait sa propre armure, et pourquoi elle ne pourrait plus jamais être aux prises avec les mêmes tourments que le jeune homme en face d'elle… L'épisode du Palazzo et la rencontre avec Zya qui l'avait sortie de la folie avait certainement joué un rôle prépondérant dans la forge de son tempérament actuel. Mais fallait-il vivre des expériences aussi extrêmes pour savoir se protéger? Savait-elle se protéger autrement qu'en se barricadant derrière un masque immuable, que parfois elle retirait, au gré des rencontres personnelles, mais que toujours elle remettait, lorsqu'il s'agissait de la Commanderie?

Elle avait envie de prendre Eamon dans ses bras pour le rassurer, car c'était bien ce qu'elle ressentait en cet instant: une immense détresse dans la voix de son filleul. Pourtant elle n'en fit rien. Elle se passa doucement les mains sur son visage et leva les yeux vers lui, souriante, et aussi bienveillante qu'elle pouvait le montrer.

Tu sais Eamon.. Vivre, et bien vivre, c'est aussi accepter l'idée de la séparation, et de son ultime corollaire, la mort… Vivre, c'est aussi apprendre à souffrir… L'amour est partie intégrante de la vie, et tu es un homme qui aimes. Ce n'est pas en gardant un oeil ou les deux sur Margaut que tu vas cesser d'avoir peur de la perdre…

Elle n'avait pas envie de lui faire des pseudos leçons de vie, parce qu'elle était convaincue qu'on n'apprenait rien vraiment qu'on n'ait expérimenté soi-même. Mais elle savait qu'il en avait besoin. Elle prit seulement le temps de boire une gorgée de sa bière, espérant que le court silence apporterait un début d'apaisement.

Margaut peut mourir en accouchant, elle peut mourir agressée dans la rue, elle peut mourir dans son sommeil… La vie de chevalier n'accélère en aucun cas l'heure prévue de notre départ de ce monde… C'est vrai que les risques de tomber au combat sont grands, mais qu'en sais-tu, s'ils sont plus grands que tous les autres? C'est simplement parce que tu peux mettre un nom sur cette peur que tu penses qu'elle est la plus grande… Et c'est uniquement en apprivoisant ta peur que tu seras pleinement heureux des choix de vie que fera ta future femme.

Je ne suis pas une référence en matière de relation amoureuse tu sais? Je ne sais pas aimer comme toi, et je ne m'attache pas comme toi. Et parfois on me pense inhumaine. Parce que mon armure est devenue incassable depuis quelques années… J'espère de tout mon coeur que tu ne deviendras jamais comme moi, Eamon. Mais je sais que si tu aimes Margaut, il te faut toi aussi te forger une armure, la tienne, qui ne t'empêchera jamais de souffrir, mais qui te fera néanmoins comprendre que la vie est omniprésente, même dans la douleur.

Dis-toi qu'elle aussi doit porter en elle ses propres angoisses, te concernant ou pas, et que si vous voulez vivre longtemps ensemble, il vous faudra trouver tous les compromis possibles, notamment dans la peur…
Laisse-la faire son choix, quel qu'il soit. Et lorsque tu souffriras, viens-me voir…


Elle ne pouvait rien lui donner de plus en cet instant, mais elle ne quitta pas son regard, tentant de lui faire comprendre qu'elle avait les épaules assez larges pour être le réceptacle des éventuelles souffrances qu'il ne saurait gérer seul.

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MessageSujet: Re: Retrouvailles- saucissons-duduche enchantée   Ven 16 Aoû 2013 - 19:20

C'est là que ça se complique, à ce moment même ou l'être qui compte le plus à vos yeux s'éloigne sans même vous laisser le temps de réagir, de dire quelque chose ou même de faire quelque chose. Je savais que cette décision ne lui plairait pas, mais je n'avais point imaginé qu'il s'empresserait de s'éloigner de moi... Je soupirai longuement et baissai la tête vers la table appuyant mes paumes de mains avec toute la force dont j'étais capable dessus pour m'éviter de crier.

Comme si cela ne suffisait pas à me perturber, Baile en rajouta un morceau en doutant de ma volonté réelle de devenir DB. J'écarquillais les yeux davantage à chacune de ses paroles, sans vraiment comprendre pourquoi elle me disait tout ceci. Ce n'est que lorsque enfin elle acheva son discours et que je décidai de respirer à nouveau normalement que je compris tous les tenants et aboutissants de ses propos.

Décidément, jamais rien ne serai simple dans ma vie... lorsqu'elle s'éloigna je pris position assise et me saisis du vélin et de la plume pour commencer à écrire. Alors que je trempais ma plume délicatement dans l'encre et que je m'apprêtai à écrire ma première lettre je fus interrompue par Khaliama.


- Vous êtes certaines de vouloir en arriver là ? quelques soient les motivations personnelles de chacune ?

Je fronçai les sourcils en regardant Khaliama puis posai un regard beaucoup plus doux sur ma tante. Si j'avais compris l'engagement de Baile, les questions qu'elle se posait à mon sujet et son désir de clarifier une situation qui paraissait peu claire, je ne cernée pas du tout l'objectif de l'intervention de Khaliama. Je me relevais alors de ma chaise le vélin en main et je fixai Khaliama avec une raideur que je ne me connaissais pas.

- Tante Azzerra vous a simplement demandé de m'en dire davantage sur les DB non pas de polémiquer sur les raisons de ma présence ici.

Je commençais à perdre patience, pourquoi ne pouvais-je pas si je le voulais faire une demande de ma propre volonté... Depuis enfant on ne cessait de me parler des DB et j'avais toujours refuser d'y aller, aujourd'hui que j'avais grandi, muri et pris conscience de l'engagement que cela serait, il me semblait que le monde entier voulait m'empêcher de le faire.

- C'est mon choix, ma décision, c'est moi et moi seule qui écrirai sur ce parchemin en mon âme et conscience et quand bien même je choisis d'écrire à Phérea cela ne veut pas dire que je serai des vôtres car in fine la décision de m'intégrer ou non vous appartient.
Je suis donc sure de vouloir en arriver là, sans quoi j'aurai refusé la demande d'Azz comme je l'ai toujours fais jusqu'à présent.


Je me rassis à ma chaise et plongeai mais émeraudes sur le parchemin, je trempai la plume dans l'encre et je commençais à écrire :

"Je ne suis rien d'autre qu'une jeune femme et une femme en devenir... Je ne suis pas un nom, pas un prénom, pas du sang, pas la fille de... seulement une jeune femme qui a un rêve depuis enfant celui de devenir médecin.
D'aussi loin que je me souvienne j'ai toujours connu les champs de batailles avec plus ou moins de réussite, plus ou moins d'envie, plus ou moins de joie et plus ou moins de peine... Combattant auprès d'ordre comme celui des DB en tant que volontaire me dévouant, non sans heurt il est vrai, mais avec, bravoure et fidélité.
Depuis toujours je me refusais de suivre un quelconque ordre, voyant cela comme une contrainte sans fin... Mais depuis que mon chemin à croiser celui de ces dits ordres je vois les choses différemment.
Ce n'est pas médecin que je veux être, mes médecins militaires, je veux pouvoir mettre se rêve au service d'un ordre qui se bat pour ce qu'il croit, pour des valeurs, avec courage et respect.

Je sais ici pouvoir acquérir ce dont j'ai besoin pour réaliser mon rêve, je sais aussi devoir me dévouer corps et âme, c'est ce que je fais déjà depuis toujours. Déjà toute petite j'ai quitté par devoir la maison qui m'a vu grandir pour rejoindre un lieu que je ne connaissais pas mais pour lequel j'ai du me dévouer corps et âme au point d'accepter de laisser derrière moi tout ceux que j'aimais.
Je n'étais pas une enfant facile, mais jamais je n'ai oublié qui j'étais, d'où je venais et ce qu'on attendait de moi.
Ici, aussi je ferai ce qu'on attend de moi.

Avec mes respect.

Margaut"

Je ne savais pas vraiment ce qu'on attendait de moi, j'avais simplement décidé d'écrire avec mon coeur, d'expliquer les vrais raisons de mon engagement et je ne voyais pas de meilleure raison que ce rêve de petite fille qui m'avait toujours poussé vers l'avant, pour retrouver ici, entourai de toutes ses femmes que je respectais, pour leur force, leur courage et leur bravoure.
Je repliai le parchemin et relevai une mire vers Azzerra.

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MessageSujet: Re: Retrouvailles- saucissons-duduche enchantée   Sam 17 Aoû 2013 - 17:17

Baile parlait et je l'écoutais.
Dit comme cela, ça paraît tellement évident. Sauf que, pour la première fois j'écoutais la voix de l'amour, un amour enfoui profondément certes, mais soudain tellement lénifiant.
Baile n'est pas une femme expansive, démonstratrice et beaucoup la pensent froide et dénuée d'humanité.
Depuis toujours, allez savoir pourquoi, elle m'attirait, me fascinait même. Je lui aurais confié ma vie sans hésiter, j'avais en elle une confiance totale, certes pas aveugle, mais lucide.
D'est dire l'impact que ses paroles avaient sur moi en cet instant de détresse.
Baile parlait un langage que je pouvais entendre... il m'allait droit au coeur et, on n'entend bien qu'avec le coeur.

Je l'écoutais sans mot dire. Mais à mesure qu'elle parlait, il me revenait des images du passé, de l'enfance, de nos voyages, de nos guerres.
Tant de chemin parcouru depuis Mimizan, tant de peines sans doute, mais aussi tant de joies ! Et aussi loin que me transportaient les paroles de Marraine, toujours en filigrane je voyais le visage de Margaut et, à cet instant, je sus qu'elle serait toujours là, quoi qu'il arrive. Que jamais rien ne nous séparerait davantage que le temps d'une mission sans doute, mais jamais nous ne serions absents du coeur l'un de l'autre.
Je l'écoutais donc et levai enfin les yeux sur elle lorsqu'elle dit :


- Dis-toi qu'elle aussi doit porter en elle ses propres angoisses, te concernant ou pas, et que si vous voulez vivre longtemps ensemble, il vous faudra trouver tous les compromis possibles, notamment dans la peur…
Laisse-la faire son choix, quel qu'il soit. Et lorsque tu souffriras, viens-me voir…


Je la connaissais assez bien ma Baile pour savoir qu'elle ne m'aurait pas pris dans ses bras comme l'eut fait Mère en de tels moments, mais ses paroles furent pour moi d'un tel réconfort que je ne pus m'empêcher de lui prendre la main et d'y poser des lèvres ferventes de reconnaissance en me fichant totalement du fait que ce geste risquait de m'attirer ses foudres.
Dans la foulée et, un peu pour faire diversion je lui lâchai :


- Maintenant, je sais pourquoi je t'aime Marraine.

Je lui balançai un large sourire.

- Je vais lutter, me battre contre cette peur. Je connais mon ennemi grâce à toi, tu m'as ouvert les yeux... Et quand on connait son ennemi, on apprend à mieux le combattre sinon le vaincre. J'apprendrai à prendre sur moi, à supporter les absences, affronter les nuits de solitude, d'angoisse et d'attente.
Vois-tu Marraine, ce n'est pas tant le fait que Margaut désire entrer dans un Ordre Royal qui me dérange. Car si je la sais en sécurité, cette sécurité relative des non-combattants, puisque je sais qu'elle souhaite devenir médecin chez les Dames Blanches, alors, oui, mes angoisses irraisonnées s'estomperont sans doute.
Et je laissera ma Grenouille décider de ses choix sans tenter de l'influencer... Je sais qu'elle aura besoin de mon appui et de ma force pour traverser les épreuves qui se dresseront sur sa route le long de son apprentissage dans ton Ordre. De plus, j'ai confiance en toi Marraine, je sais que tu veilleras sur elle... de loin sans doute, mais avec bienveillance.


Que pouvais-je ajouter sans tomber dasn le mélodrame de mauvais goût ?

Je la regardai avec un regard dans lequel j'espérais qu'elle lirait toute la gartitude et l'amour que je ressentais à son égard. Et d'une manière plus désinvolte afin de la rassurer sur mes états d'âme, je me levai et lâchai :


- Et si on allait retrouver les autres ?... Ils boivent et mangent sans nous... Taleur y restera rien pour nous !
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azzera
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MessageSujet: Re: Retrouvailles- saucissons-duduche enchantée   Sam 12 Oct 2013 - 12:03

Voila, elle l'avait écrit!
Parchemin à donner à Phéréa... "y plus qu'a..." Comme dirait l'autre.
Il n'en restait pas moins qu'Azzera posait des mirettes pleines d'affection sur sa "petite" Margaut.
Sa future bru la remplissait de fierté


Margaut, il te faut maintenant remettre ce parchemin à un page, qui va l'apporter directement à Phéréa. Héler le-dit-page, puis encourager silencieusement Margaut à lui remettre la missive, enfin, donner l'ordre à ce page de donner la lettre à qui de droit.

Ma fille, fêtons cela avec ton promis, il me semble que son tête à tête est terminé.
Ensuite, lorsque nous aurons pris congé de certaines blanches, nous parlerons de l’organisation de vos noces.

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